Il y a Rayban, 21 ans ; lui ne jure que par le graffiti illégal : l’adrénaline, la sensation. Le plaisir de voir son pseudonyme traverser l’Europe sur un train de fret. Super Paume, 22 ans, a, lui aussi, beaucoup fait « de l’illégal ». Mais aujourd’hui, après de gros ennuis judiciaires, il fait des toiles à la bombe, et espère un jour pouvoir répondre à la personne qui lui demandera son métier : « je suis graffeur ! ». Utopiste ? Non, le graffeur est sorti de l’ombre. Il s’expose aujourd’hui dans les galeries les plus branchés. (Tag au grand Palais, Né dans la rue - graffiti, à la fondation Cartier Bresson jusqu’au 29 novembre…) Reso, 34 ans, vit grâce au graffiti, en peignant des fresques pour les particuliers. Quant à Bernard, 33 ans, il tient un magasin de bombes dans le quartier le plus commerçant de Toulouse, l’une des places fortes du graffiti français.

Rayban, Super Paume, Siker, Centaure, Reso, Wuna … Tous graffeurs, mais pour des raisons différentes. Tous différents, et pourtant faisant partie d’une même communauté. Un microcosme qui a ses règles, ses codes, son vocabulaire (« Le blaze », c’est essentiel, que tu fasses « un chrome », un « tag » ou un « perso ».)

À Toulouse, au milieu des années 1990, une cinquantaine de graffeurs se sont appropriés la ville. Pas un mur n’était laissé vierge. La ville offre encore au promeneur les vestiges de cette époque révolue. Le graffiti mute et le graffeur, lui, cherche sa place.

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